Est-ce que l’amour t’a changé? Je veux dire, est-ce que tu ressens à quelque part au fond de toi que cette belle et magnifique chose t’a fait grandir, mais qu’elle a aussi ravagé ton beau jardin intérieur avec son tsunami d’intensité?

L’amour. Un sentiment aussi puissant qu’une bombe atomique, aussi fort que Hulk, aussi beau que les sept merveilles du monde mélangées ensemble. Cet état d’âme divin nous fait vibrer, nous fait rêver, nous fait flotter sur une douce brise d’été un soir de pleine lune. Mais quand est-il du moment où cette flamme à l’état brut s’éteint brusquement d’un coup de vent glacial? L’amour se transforme alors en quelque chose aux connotations bien différentes. Cette affection se transforme en une tristesse ayant l’intensité des chutes Niagara, en un amertume aussi prononcée qu’une fève de cacao crue, en un désespoir à l’ampleur d’un séisme de magnitude 9 sur l’échelle Richter. L’amour nous paralyse, nous heurte et nous martyrise par moments.

Vînt un moment dans ma vie où j’ai été happée de plein fouet par une rupture amoureuse et c’est à ce moment que tout à changé pour moi. Ma perception, mon espoir et ma vision de l’amour avec un grand A. Jadis, l’accès vers mon cœur était muni d’une belle serrure dorée avec seulement 2 ou 3 scratchs dessus, rien de dramatique. Sauf qu’après presque 6 ans de relation de couple, ma clé a sauvagement peté à l’intérieur de la serrure. Ça fait que j’ai du appeler le serrurier pour qu’il appose un nouveau loquet dans mon thorax pour remplacer celui obstrué. Y’a fait sa job, il m’a donné le set de clés, pis sans attendre,  sans même faire de double, je l’ai garoché au bout de mes bras. Mon lancé énergique a permis au trousseau contenant les clés de mon coeur, de mes secrets et de mon affection de périr au fond de l’océan pacifique. Elles résident maintenant avec tous les poissons des abysses, qui ont tous l’air de démons à mon avis (je te met une photo si jamais tu ne me crois toujours pas).

Poisson-lézard
Source : Maxi Science

Ça fait quoi un coffre qui ne puisse plus être ouvert? Ça vit tout de l’intérieur, pis oublie ça d’avoir une passe pour y entrer. Comment j’te dirais ça… Mes ruptures ont été comme des carnages super sanglants sur mon coeur. Autour de moi, c’est comme si ce serait une scène de crime avec des rubans jaunes fluo partout, avec un gros signe sur lequel il est écrit « Si tu veux entrer, il faudra que tu retrouves mon trousseau de clé et que tu survives aux attaques des poissons d’eaux profonde, bonne chance ».

En ce sens, je ne pense pas que j’arriverai à faire confiance à un homme de nouveau. Je crois qu’à quelque part au fond de moi, il y a quelque chose qui à brisé et qui ne souhaite plus être recollé. C’est pas que je suis pessimiste, mais c’est que j’ai remarqué que même en utilisant la colle la plus solide sur le marché, cette partie de moi, si j’y donne accès à un gars, elle finie par être en éclat anyway. Je trouve que l’amour ça me demande d’être trop vulnérable face à autrui. J’ai le sentiment d’accorder trop de pouvoir à un individu, lui donnant ainsi la capacité de me déchirer comme un vulgaire bout de papier et de me mettre au recyclage quand il sera tanné de me voir traîner sur le comptoir. Je sens que d’ouvrir mon coeur à un être aimé ne me permet pas de m’épanouir comme personne, mais davantage de stagner et de cesser d’exister à part entière.

Photo : Laura Lambden 

Je n’ai pas envie de faire de compromis. Je n’ai pas envie de devoir quelque chose à quelqu’un. Je n’ai pas envie d’avoir la responsabilité d’arrimer ma vie à celle d’un autre pour que tout se passe bien. Je n’ai pas envie de mettre en mode ralenti mes innombrables projets. Je n’ai juste pas envie de donner de mon pouvoir à quelqu’un d’autre, c’est une denrée trop précieuse.

Je veux me développer comme femme. Je veux faire fleurir mes passions. Je veux penser à moi avant tout. Je veux croître comme une belle marguerite sous le soleil. Je veux avoir le contrôle sur MA vie.

Je n’ai besoin de personne, je suis maître de mon propre bonheur et de ma vie, tout comme toi.

Photo de Arthur Brognoli