Le 2 janvier dernier, ma famille et moi avons dû prendre la décision de faire euthanasier ma chienne de quatorze ans, Charlotte. Son départ si soudain m’a plongé dans un deuil au quotidien.

Prendre la décision d’une euthanasie

Je t’aperçois soudainement entre les deux divans du salon. Tu es chambranlante et tu as beaucoup de difficulté à supporter le poids de tes pâtes arrières; Tu viens nous avertir que ça ne va pas du tout. Nous t’approchons doucement au centre du salon. Tu baves beaucoup sur le plancher, tu respires très fort et avais uriné sur ton coussin et sur le plancher, ce qui ne t’arrive pas en général. Ta tête penche toute seule d’un côté, tes membres trembles et tu ne soutiens pas le regard, toi qui a des yeux si parlant et aimant à l’habitude. Mon chien, que se passe-t-il? Il y a 30 minutes de cela tu m’apportais ton toutou dragon pour jouer et tu venais chercher des caresses.

Ton cerveau a vieillit durant tes quatorze années de vie et ce soir, il y a quelque chose qui a cessé de fonctionner correctement à l’intérieur. Tu souffres, cela se voit. Je t’aime tellement mon chien, si seulement tu savais. C’est à cause de cet amour que nous devons prendre soin de toi et faire cesser cette souffrance qui habite ton corps.

La procédure à la clinique vétérinaire

Nous te transportons sur ton coussin jusqu’au vétérinaire ouvert 24h le plus près de la maison. Durant le trajet nous te flattons avec douceur pour que tu saches que tu n’est pas seule et que nous t’aimons. Une fois arrivée à la clinique, les techniciennes te transportent dans une salle, pour te préparer. Ne t’inquiètes-pas, nous te rejoindrons bientôt c’est promis, nous ne te laisserons pas vivre cette étape toute seule, toi qui a toujours été là pour nous, dans tous les types de moments.

Une femme nous accompagne dans une toute petite pièce où la lumière est tamisée. Je t’aperçois couchée sur le coussin que tu avais dans la chambre à maman. Tu est enveloppée dans une couverture et un cathéter est accroché à ta patte droite. C’est avec tendresse et un amour inconditionnel que nous te faisons des adieux chacun notre tour et te chérissons une dernière fois. De peine et de misère, tu as réussi à nous donner une dernier bisous et jamais je n’oubliai la douceur de ce dernier. Je voudrais ne jamais de voir partir loin de moi, mais je sais que le moment approche.

Le déroulement de l’euthanasie

Le moment est venu. Nous appuyons sur le bouton se trouvant sur le mur afin de signifier au personnel de la clinique que nous sommes prêt pour la procédure, même si au fond de nous nous savons que jamais nous le serions réellement.

Quelques minutes plus tard, la technicienne entre dans la pièce avec 3 seringues en main. Elle nous explique que le liquide transparent servira à tester le bon fonctionnement de ton cathéter. Le fluide blanc, lui, servira ensuite à te relaxer entièrement, afin que tu ne ressentes plus de douleur. À cette étape, tu pourras encore entendre le son de nos voix te rassurant. Le liquide bleu, quant à lui, fera cesser ton si joli petit cœur de battre. Ce moment est si douloureux. Je voudrais pouvoir cesser ta souffrance avec de la magie, que l’on retourne à la maison en famille et qu’à mon réveil demain tu viennes me voir en courant pour me donner un bisous… La technicienne nous demandes si nous sommes prêt. Oui, mais non…

Tout ce passe si rapidement, mais cela me parait si irréel. Tes si jolis yeux bruns sont immobiles, comme tout le reste de ton corps. Mon cœur brise en de de milliers de petits morceaux qui seront définitivement impossibles à recoller ensemble.

La légitimité du deuil d’un animal

Personne ne devrait avoir le droit ou même se permettre d’invalider les sentiments et émotions d’une personne vivant le deuil de son animal. Il s’agit d’une question de respect et et d’empathie. Ce deuil est tout aussi légitime que celui d’un être humain et peut parfois être davantage douloureux pour certains. Ces boules de poils partagent notre quotidien et nos routines durant de nombreuses années. Ce sont des rayons de soleil dans notre journée et des êtres toujours emplis de joie. Un compagnon à quatre pattes est l’emblème même de la loyauté, quelque chose qui se trouve de plus en plus difficilement de nos jours.

Prendre soin de soi

Si vous vivez le deuil de votre animal de compagnie, prenez le temps de vivre toutes les gammes d’émotions que vous ressentez et soyez doux avec vous-même. Je sais à quel point c’est une épreuve crève-cœur et je vous assure qu’il est tout à fait normal que la mort de votre compagnon vous affecte. La perte est immense et il faut en prendre soin en étant patient et indulgent avec soi. Si ce deuil vous est très difficile à surmonter, vous pouvez faire appel à un psychologue qui saura vous aider à retrouver tranquillement un équilibre dans votre vie et qui vous écoutera sans vous juger. Sinon, vous pouvez aussi faire appel à la ressource Tel-Aide où un intervenant saura vous apporter écoute et support.

Image personnelle, Émilie Violette